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La traite des personnes, une problématique toujours d’actualité au XXIème siècle

Article paru sur le site des Petites Affiches le 11/02/2020 par Marion Rolland

Michel Veuthey, Ambassadeur de l’Ordre de Malte à l’ONU, professeur associé à la Webster University et représentant à Genève de l’Institut International de Droit Humanitaire a donné, à la Faculté de droit et de science politique de Nice, une conférence portant sur la lutte contre la traite des personnes.

Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude ; l’esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes. – Article 4 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948.

Pourtant, à l’heure où la démocratie est le régime le plus majoritaire dans le monde, où l’esclavage des peuples est censé être aboli d’un bout à l’autre de la terre, la lutte contre les inégalités, la maltraitance et la discrimination fait encore partie des défis mondiaux.

Des formes multiples et coutumières…

La traite des personnes peut se traduire de nombreuses façons : l’exploitation d’humain, le recrutement forcé d’hommes-soldats, la servitude domestique, le servage, l’asservissement, le travail forcé des enfants, la servitude pour dettes, les mariages précoces et/ou forcés et organisés, l’esclavage sexuel, la vente d’êtres humains, l’exploitation sexuelle, etc. Toutes ces activités sont interdites et punies par le droit international conventionnel et pourtant restent coutumières dans certains pays.

De nombreux textes et lois sont entrés et entrent encore vigueur, afin de lutter contre ces crimes. Notamment, la Convention relative à l’esclavage en 1926 ou encore la Convention supplémentaire de 1956. Et des institutions ont été mises en place afin de surveiller et juger ces actions, comme l’Organisation internationale contre l’esclavage moderne.

…Et de nouveaux réseaux

Afin de sensibiliser les plus jeunes, Michel Veuthey, n’a pas hésité à parler de ce sujet sensible durant une heure et demi de conférence, la semaine dernière. Il a d’ailleurs insisté sur une notion clé, qu’il juge comme étant la notion fondamentale pour appréhender le terme « traite » : la vulnérabilité. « La traite se développe parce qu’il y a vulnérabilité. Aujourd’hui, il faudrait ainsi intégrer l’enjeu du combat contre la traite des personnes dans le cadre plus large de la lutte contre le changement climatique, car en créant des vulnérabilités, le changement climatique fait naître de nouveaux réseaux de traite. »

Comment lutter alors contre ce phénomène ?

Pour le conférencier : « La traite ne correspond pas à un phénomène unique, elle a au contraire une réalité protéiforme et possède des déclinaisons multiples et variées. De plus, l’ensemble des activités liées à la traite se déroule dans la clandestinité, avec des victimes qui sont terrorisées et n’osent pas toujours dénoncer les actes subis, ce qui rend le travail d’identification des victimes et des réseaux particulièrement délicat. » La solution – ou tout du moins la première étape – pour résoudre le problème selon lui : « il faut une coopération étroite des différents acteurs pertinents (organisations internationales, États et société civile). Cette coopération fait encore trop souvent défaut aujourd’hui, chacun travaillant « dans son coin » et n’ayant donc qu’une vision et une action parcellaires à l’égard de ce phénomène. »


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