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Le chef du HCR dénonce la « stigmatisation sans précédent » des réfugiés

Article paru sur le site des Nations Unies le 09/04/2019

Devant le Conseil de sécurité, le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, a dénoncé mardi la « stigmatisation sans précédent » des réfugiés.

Si la situation des réfugiés constitue bien une crise, elle l’est avant tout pour les plus de 70 millions de personnes déplacées de force dans le monde, a rappelé M. Grandi aux membres du Conseil.

« Mais décrire cette situation comme une crise mondiale qui ne peut pas être gérée, est faux », a insisté le Haut-Commissaire, soulignant le rôle critique du Conseil de sécurité à cet égard et la nécessité de faire preuve de plus de volonté politique et d’apporter des réponses améliorées.

Le chef de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a insisté sur trois points. Il a tout d’abord appelé les Etats à œuvrer ensemble pour la résolution des conflits et à traiter leurs causes et pas seulement leurs symptômes. « Si les conflits sont empêchés ou résolus, la plupart des flux de réfugiés disparaîtront », a-t-il dit.

Filippo Grandi a également appelé la communauté internationale à soutenir les pays qui accueillent le plus grand nombre de réfugiés et à ne pas prendre leur hospitalité et générosité pour argent comptant.

Le Haut-Commissaire a finalement rappelé que le retour des réfugiés dans leurs pays d’origine est un droit tout comme le droit de ne pas y retourner si les conditions ne le permettent pas. Filippo Grandi a ainsi encouragé les Etats membres à éliminer les obstacles au retour des réfugiés chez eux.

Libye : les réfugiés et les migrants sont détenus dans des conditions « horribles et inacceptables »
M. Grandi a cité l’exemple de la Libye où le HCR, avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), vient en aide aux Libyens déplacés, ainsi qu’aux réfugiés et migrants qui ont fui les conflits dans d’autres pays.

Les conditions de sécurité, a déclaré M. Grandi, sont « au point de rupture ». Mardi, l’agence onusienne a évacué plus de 150 réfugiés d’une région sérieusement touchée par des affrontements militaires, la première de ce type depuis la récente escalade de la violence. Le HCR est d’avis que les réfugiés et les migrants secourus ou interceptés en Libye ne sont pas en sécurité et que ces personnes ne devraient pas y être renvoyées.

Plusieurs membres du personnel du HCR ont dû quitter la Libye pour des raisons de sécurité, le travail de l’agence devenant « très, très difficile et dangereux ».

Le Conseil de sécurité doit, a dit M. Grandi, agir de façon unie pour mettre fin à l’escalade militaire actuelle en Libye, et lancer un appel pressant pour épargner les civils, y compris les réfugiés et les migrants bloqués dans le pays, et prendre des mesures pour remédier aux causes du conflit pour éviter que les violences et les déplacements se répètent.

Le Haut-Commissaire a écarté le recours aux garde-côtes libyens jugés comme étant inefficaces et a condamné les conditions « horribles et inacceptables » dans lesquelles les réfugiés et les migrants sont détenus en Libye.


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