Aide internationale : entre humanisme et jeux d’influence

Émission diffusée sur le site de France Culture le 16/10/2018

Après le séisme et le tsunami indonésiens, Jakarta semble accepter l’aide étrangère à contrecœur. Souvent accusées d’être les bras désarmés des stratégies d’influence, les ONG peinent à trouver un nouveau modèle. Comment appréhender le jeu politique sous-jacent à l’aide humanitaire ?

Alors que le séisme et le tsunami du début du mois d’octobre ont sévèrement touché les îles indonésiennes, causant plus de 2000 décès, Jakarta ne semble accepter l’aide étrangère qu’à contrecœur et n’apprécie visiblement pas de voir les ONG occidentales secourir les populations locales. S’agit-il d’une fierté mal placée ou d’une légitime volonté d’émancipation des états et sociétés civiles du Sud face aux puissances du Nord ?

Je crains les Grecs et leurs cadeaux disait déjà Virgile il y a quelques siècles

Régulièrement accusées d’être les bras désarmés des stratégies d’influence des états d’occidentaux, récemment entachées par des scandales d’abus sexuels notamment, les ONG peinent aujourd’hui à trouver un nouveau modèle d’aide humanitaire, un modèle qui soit exempt d’effets de domination. En même temps, de nouveaux acteurs issus des pays émergents s’emparent à leur tour de l’instrument politique qu’est l’aide humanitaire, renforçant par ce biais leur propre diplomatie.

Une catastrophe naturelle est toujours politique – Philippe Ryfman

Alors comment appréhender le jeu politique sous-jacent ? Comment les pays émergents et notamment les pays du Golfe s’inscrivent-ils dans ces réseaux diplomatiques parallèles ? Va-t-on vers un nouveau modèle d’aide humanitaire ?

Une émission préparée par Marguerite Catton.

Intervenants

Philippe Ryfman
Professeur et chercheur associé au Département de Science Politique et au Centre Européen de Sociologie et Science Politique de la Sorbonne (CESSP-Sorbonne), Université Paris I, Panthéon-Sorbonne.

Virginie Troit
directrice de la Fondation Croix-Rouge française.

Jean-François Pérouse
maître de conférences à l’Université Toulouse-II, délégué auprès de l’Université Galatasaray


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