Samedi 16 Février 2019
 

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Le défi humanitaire posé par les villes assiégées en Syrie

La trêve conclue entre les belligérants a permis de faire parvenir de l’aide à des localités assiégées et jusque-là privées de tout.

« Il faut absolument qu’on nous fasse parvenir des légumes, de la viande et du lait. Nous avons tellement besoin de produits frais », supplie Safa au téléphone. Safa est institutrice à Madaya, ville assiégée par l’armée syrienne, à seulement 30 km de Damas. D’autres villages autour sont eux aussi assiégés, soit par le régime syrien, soit par les rebelles. Des habitants de Madaya, surtout des enfants et des personnes âgées, sont morts de faim ces derniers mois, et de maladies.

« Nous n’avons pas d’hôpital, ni de médecin ». Safa revient sur les problèmes d’alimentation : « Depuis 5 ans, les enfants mangent un seul repas par jour, et depuis des mois, ils n’absorbent que des féculents, des haricots secs, des lentilles. Ils ont des ventres gonflés et aucune énergie. Moi qui suis leur enseignante, je le vois, ils sont fatigués tout le temps, ils ont le regard triste. »

« Cette guerre en Syrie est un cauchemar humanitaire, reconnaît Bettina Luescher, l’une des porte-parole du programme alimentaire mondiale (PAM), car si nous arrivons à apporter une aide à environ 4,5 millions de Syriens, nous ne pouvons intervenir dans les villes assiégées sans l’accord des belligérants. La plupart du temps, nous ne l’obtenons pas, et quand nous avons le feu vert, il arrive que les camions soient bloqués à des check-points. Il faut que nous obtenions l’accès permanent aux zones assiégées afin de faire l’inventaire des besoins. » ….

L’arrêt des combats permet d’aider de nouvelles localités

Les fonds promis (622 millions d’euros) au cours de la conférence « Soutenir la Syrie et la région », début février, permettront la restauration complète de l’assistance alimentaire pour les réfugiés dans les pays voisins de la Syrie jusqu’à la fin de l’année. Ils permettront aussi au PAM de fournir un panier alimentaire complet aux Syriens de l’intérieur d’avril à octobre 2016.

Lire l’article complet sur le site de La Croix


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