Le MOAS et l'Ordre de Malte sauvent la vie des migrants - Diplomatie Humanitaire
Samedi 18 Août 2018
 

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Le MOAS et l’Ordre de Malte sauvent la vie des migrants

En dépit des avertissements concernant la fermeture des frontières européennes, les migrants partent toujours des côtes turques dans des embarcations de fortune pour une traversée dangereuse vers la Grèce.

Près de 1000 migrants et des réfugiés sont morts dans la traversée égéenne de la Turquie vers la Grèce depuis l’année dernière. Selon l’Organisation Internationale pour les Migrations plus de 350 migrants se sont noyés rien que cette année en tentant de rejoindre la Grèce.

Dans ces eaux dangereuses, pour soutenir les garde-côtes grecs et turcs, l’Ordre Souverain de de Malte aide à sauver des milliers de vies à bord d’un navire pourvu d’une équipe médicale. Un détail simple mais fondamental qui permet aux migrants les plus vulnérables qui peuvent avoir été immergés dans les eaux glacées pendant des heures de recevoir des soins médicaux immédiats pour hypothermie ou d’autres graves pathologies.

Le MOAS, qui signifie « Migrant Station Aid Offshore », est une ONG fondée par des philanthropes Christopher et Regina Catrambone. Regina, vit à Malte, elle a répondu aux questions de Radio Vatican (en anglais).

Regina explique que le projet MOAS est né en 2013 et se compose d’un bateau équipé de deux canots pneumatiques, de drones (pour les navires ou les migrants en difficulté parmi les vagues) et d’un équipage d’experts, y compris médecins, infirmières et plongeurs. Initialement opérationnel en Méditerranée, «Nous sommes présents maintenant aussi en mer Égée et le CISOM est associé dans les opérations post-sauvetage»

Regina explique qu’avec son mari Christopher elle voulait contribuer concrètement face à cette crise mais également encourager les autres à prendre des mesures.

«Chacun de nous a des talents et des compétences, et si chacun d’entre nous met ses compétences à travailler pour aider les autres, nous pouvons faire la différence. La migration mondiale est en train de devenir la question déterminante de notre siècle. Que les gens fuient les conflits ou la privation économique – ou les deux – tous vont continuer à essayer de traverser la frontière. Ce que nous devons faire c’est d’essayer d’ouvrir nos cœurs et nos esprits et de comprendre la situation et d’essayer de trouver des solutions réelles avec empathie pour les autres, avec miséricorde, avec humanité. Etre humain c’est ressentir de l’empathie pour ces personnes, qui sont des mères, des pères, des enfants, des médecins … des gens comme nous ».

Regina parle de l’appel de François pour la miséricorde et de sa foi catholique, qui, dit-elle, a été le point de départ de son engagement. Elle se souvient de ce petit garçon de 2 ans, Khalid, qui fut la première victime par noyade cette année dans la mer Egée, le 1er Janvier 2016. Regina dit que ce petit garçon aurait pu devenir un ingénieur, un prêtre, un médecin, un pape:

« Nous ne le saurons jamais. Ce que nous savons est qu’il est mort en mer , que ses parents ont fui les conflits et la pauvreté dans l’illusion de lui fournir un avenir. »

 


Traduit de l’anglais.

Lire l’article (en anglais sur le site de Radio Vatican)


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