Lundi 11 Décembre 2017
 

A la Une

Esclavage moderne : mythes et réalités

Article paru sur le site 50forfreedom

L’esclavage moderne est présent partout mais la plupart des gens l’ignore. Voici quelques mythes qui l’entourent.

MYTHE: L’ESCLAVAGE APPARTIENT AU PASSÉ

RÉALITÉ: Non, pas du tout. L’esclavage plonge ses racines dans l’histoire et existe toujours, sous de nombreuses formes différentes. La traite d’êtres humains, la servitude pour dette et le travail domestique forcé ne sont que quelques exemples. Mais ce n’est pas une fatalité. Un effort coordonné des gouvernements et des militants du monde entier pourrait mettre fin à l’esclavage moderne une fois pour toutes. C’est tout le propos du Protocole de l’OIT sur le travail forcé.

MYTHE: ASSEZ PEU DE PERSONNES SONT VICTIMES DE L’ESCLAVAGE MODERNE

RÉALITÉ: On dénombre aujourd’hui plus de personnes en situation d’esclavage qu’à toute autre période de l’histoire. Plus de 25 millions de femmes, d’hommes et d’enfants vivent dans des situations d’esclavage moderne, soit 3 personnes sur 1000 dans le monde. Si elles vivaient toutes dans la même ville, ce serait une des plus grandes villes du monde.
Sources:
Estimation du travail forcé dans le monde 2012
Département des Affaires économiques et sociales des Nations Unies: Perspectives mondiales d’urbanisation

MYTHE: L’ESCLAVAGE MODERNE N’EXISTE QUE DANS LE MONDE EN DÉVELOPPEMENT

RÉALITÉ: L’esclavage moderne existe partout. Plus d’un million et demi de personnes travaillent dans des conditions assimilables à l’esclavage en Europe, en Amérique du Nord, au Japon et en Australie.
Sources:
Estimation du travail forcé dans le monde 2012

MYTHE: LA TRAITE À DES FINS SEXUELLES REPRÉSENTE LA PLUPART DES CAS D’ESCLAVAGE MODERNE

RÉALITÉ: La plupart des personnes victimes de l’esclavage travaillent dans des secteurs comme l’agriculture, la pêche, la construction, l’industrie, les mines, les services et le travail domestique. Environ une victime sur cinq est concernée par l’exploitation sexuelle.

MYTHE: L’ESCLAVAGE MODERNE N’EST PAS TRÈS LUCRATIF

RÉALITÉ: L’esclavage moderne est un énorme marché. Une récente étude de l’OIT a estimé que l’esclavage moderne générait plus de 150 milliards de dollars de profits annuels, ce qui équivaut aux profits cumulés des 4 sociétés les plus rentables au monde.
Sources:
Profits et pauvreté: la dimension économique du travail forcé, OIT (2014)
Fortune Global 500

MYTHE: L’ESCLAVAGE MODERNE NE ME CONCERNE PAS

RÉALITÉ: L’esclavage moderne concerne chacun de nous. Même si vous n’êtes pas victime de l’esclavage moderne, vous en subissez les effets. Ainsi, les entreprises sont confrontées à une concurrence déloyale de la part de sociétés peu scrupuleuses qui tirent profit de l’esclavage moderne. Elles peuvent faire pression sur elles pour réduire les salaires ou les prestations. Parallèlement, les gouvernements perdent de précieuses recettes fiscales alors qu’ils doivent supporter d’énormes frais juridiques pour poursuivre les cas d’esclavage moderne – de l’argent qui pourrait être investi dans les services publics comme l’éducation, la santé ou les transports publics.

MYTHE: L’ESCLAVAGE MODERNE RÉALISE SURTOUT SON CHIFFRE D’AFFAIRES DANS LE MONDE EN DÉVELOPPEMENT

RÉALITÉ: Les profits annuels par victime de travail forcé sont, de loin, plus élevés dans les économies développées et l’Union européenne que partout ailleurs dans le monde.
Sources:
Profits et pauvreté: la dimension économique du travail forcé, OIT (2014)


Sur le même sujet

Combien va coûter la reconstruction de Palmyre ?

07/04/2016. Matthieu Hoffstetter décrypte dans une longue enquête le coût potentiel de la reconstruction de la cité antique.

2017 : 40ème anniversaire des protocoles additionnels aux Conventions de Genève

04/01/2017. Ces textes de Droit international humanitaire ont été et demeurent déterminants pour mieux protéger les victimes des conflits armés, qu’ils soient internationaux (Protocole 1) ou internes (Protocole 2).

Le Vatican: combien de divisions?

30/06/2017. Avec l’effondrement des Etats de l’Afrique centrale, l’Église catholique est aujourd’hui la dernière organisation structurée dans cette région du monde.