Jeudi 27 Avril 2017
 

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portrait_grasset_frederic_defFondé à la fin du XIème siècle, l’Ordre Souverain Militaire Hospitalier de Saint Jean de Jérusalem de Rhodes et de Malte, plus généralement appelé Ordre Souverain de Malte ou Ordre de Malte, est l’une des institutions les plus anciennes de la civilisation chrétienne.

Il est surprenant qu’une telle institution ait ainsi traversé le cours des siècles. Son premier enracinement en Orient, en Terre Sainte, lui a sans doute procuré des titres inaltérables et une créance inter religieuse dont le temps n’épuise pas les effets. Mais, derrière ce constat rétrospectif se dessine un cheminement spécifique : d’hospitalière par vocation puis militaire par nécessité dans un premier temps, la fonction caritative s’est finalement imposée
L’Ordre aurait pu disparaître pour les raisons mêmes qui avaient présidé à sa naissance : luttes armées et affrontements, long face à face stratégique avec l’Empire Ottoman… sur cet arc de crise permanent qu’est la Méditerranée ; Mais l’élan premier, celui du message de l’Evangile, qui pousse toujours l’Ordre vers les pauvres et les malades, a renouvelé au fil des générations les bases de sa pérennité. Hier à Malte face à la flotte turque, aujourd’hui à Lampedusa pour accueillir des réfugiés majoritairement musulmans.

Il est encore plus étonnant qu’une telle institution ait pu conserver les attributs d’une souveraineté elle-même originale avec une assise territoriale limitée –Rhodes en 1310 puis Malte jusqu’en 1798 -, mais avec un rayonnement inversement proportionnel à la taille de ses emprises. A chaque moment de son histoire, l’Ordre s’est efforcé d’être ce que le langage du moment désigne comme un acteur global. Tout simplement parce que son action ne se dissocie pas de son socle spirituel. L’Ordre a parfois essaimé avec des conquérants ; il a surtout grandi avec des serviteurs.
Il agit maintenant dans le monde entier, en adaptant son action aux conditions du lieu et du moment. A la fois pour répondre à des crises, des catastrophes naturelles, aux misères du monde, et aussi pour s’installer dans la continuité. Cette action concrète et pérenne est une force reconnue par de nombreux acteurs de la communauté internationale, Etats, institutions multilatérales, organismes de recherche, centres de réflexion.

Sujet de droit international public, l’Ordre de Malte a connu une nette intensification de ses relations diplomatiques au cours de ces dernières années. Aujourd’hui, il entretient des relations diplomatiques de plein exercice avec 106 Etats et avec l’Union européenne et dispose d’un siège d’Observateur permanent auprès des Nations Unies et des principales organisations internationales.

Deux concepts émergent de son histoire, Religion et Humanité. Peut-être sont-ils les ressorts profonds de cette étonnante originalité, de cette survie paradoxale, de cette souveraineté renouvelée.

Le premier est de nouveau un marqueur puissant du siècle. Ordre catholique romain, composé majoritairement de laïcs, l’Ordre le vit comme un lieu de rencontres et une source d’échanges et de médiations. Le second ne serait qu’un rêve inachevé s’il restait enfermé dans les textes. L’Ordre le transforme en action humanitaire. En effet, le Droit des Gens, première étape du droit international, s’est modernisé dans l’action humanitaire et les convulsions de notre temps appellent une diplomatie de même nature dont la légitimité n’est pas fondée sur la puissance mais sur la conviction, l’impartialité et le résultat. Acteurs multiples, professionnels et bénévoles sont les agents de cette diplomatie de terrain dont la raison d’être n’est pas l’avantage politique mais la protection des victimes. L’histoire de l’Ordre montre qu’il s’agit pour lui d’un exercice naturel et permanent.

L’Ordre de Malte, très engagé au Proche-Orient et en Afrique, ainsi qu’en Asie, cherche simplement à y renouveler et élargir ses actions sanitaires, médico-sociales et humanitaires. Il lui faut d’abord essayer de mieux comprendre la complexité du monde. Il doit ensuite agir avec une vision à la fois globale et locale dans cette communauté internationale qui lutte contre les ravages de la violence et de l’exclusion, de la maladie et de la pauvreté.

Acteur singulier de la scène internationale, son statut particulier lui permet de déployer son action hospitalière et humanitaire dans le monde, et de faire de la diplomatie humanitaire une force au service du plus faible, sans distinction d’origine, de religion ou de ressources.

Ambassadeur Frédéric Grasset


L’Ordre de Malte en quelques chiffres…

Sa vocation religieuse et hospitalière au service des pauvres, des malades et des réfugiés conduit aujourd’hui l’Ordre de Malte à être actif dans plus de cent vingt pays grâce à ses 13 500 membres, ses 25 000 personnels médicaux et sanitaires et ses 80 000 bénévoles permanents ; il intervient également en première urgence dans les zones touchées par les catastrophes naturelles et les conflits et assure par sa présence la continuité des actions de secours médico-social auprès des populations sur place et participe à la réhabilitation des zones sinistrées.


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