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Le cri d’alarme de John Kerry contre la colonisation des territoires palestiniens par Israël

Article publié sur le blog du journal La Croix « Paris Planète » par Jean-Christophe Ploquin le 09/01/2017

« Nous ne pouvons pas imposer la paix », John Kerry, secrétaire d’État des États-Unis d’Amérique

Le mercredi 28 décembre 2016, au ministère des affaires étrangères à Washington

En cette fin du mandat du président Barack Obama, les États-Unis affirment publiquement que la colonisation des territoires palestiniens par Israël est un obstacle à la paix. Alors que le président élu Donald Trump doit être investi le 20 janvier à la Maison Blanche, la diplomatie américaine multiplie les interventions pour manifester ouvertement son inquiétude. Elle craint que la possibilité de voir advenir un jour une solution au conflit permettant à deux États de vivre en paix et en sécurité côte à côte soit de plus en plus restreinte.

L’abstention américaine sur la résolution 2334 à l’ONU

Le 23 décembre 2016, les États-Unis se sont abstenus lors du vote de la résolution 2334 du conseil de sécurité de l’ONU. Ils ont laissé les quatorze autres États membres – dont la France – adopter un texte qui « réaffirme que la création par Israël de colonies de peuplement (…) n’a aucun fondement en droit », qui « exige d’Israël qu’il arrête immédiatement et complètement toutes ses activités de peuplement », et qui souligne que l’ONU « ne reconnaitra aucune modification aux frontières » ( texte intégral ci-dessous).

Le 15 janvier, une conférence à Paris

Le 15 janvier 2017, les États-Unis participeront à une conférence internationale sur le Proche Orient, organisée à Paris, qui permettra à une communauté élargie d’États, notamment européens et arabes, de réaffirmer ces considérations et de proposer une vision pour la paix. Celles-ci ne devraient pas être très éloignées des principes développées le 28 décembre 2016 par le Secrétaire d’État américain John Kerry lors d’un long discours prononcé à l’auditorium Dean Acheson du Harry Truman building – le siège du Département d’État – à Washington (texte intégral ci-dessous).

Un testament moral

Pendant une heure et dix minutes, le chef de la diplomatie américaine, qui avait consacré neuf mois en 2013-2014 à une tentative de médiation intense entre Israéliens et Palestiniens, a laissé une sorte de testament moral. L’administration Obama est saisie d’une double inquiétude. Elle constate l’accélération de la colonisation israélienne en Cisjordanie et à Jérusalem-Est – au moins cent mille habitants de plus dans ces colonies depuis huit ans, sur un total d’environ 600 000 depuis 1967 – ce qui rend de plus en plus difficile la définition d’un territoire viable pour un futur État palestinien. Elle observe par ailleurs que Donald Trump multiplie les signes de soutien à l’actuel chef de gouvernement israélien, Benjamin Netanyahu, et semble prêt à s’affranchir de certains principes respectés par tous les présidents qui se sont succédé à la Maison Blanche depuis la guerre des Six Jours en 1967 – durant laquelle Israël avait conquis ces territoires.

Les Palestiniens doivent lutter contre le terrorisme

Durant son discours, John Kerry a rappelé combien l’administration Obama avait soutenu Israël, notamment par des engagements financiers extrêmement lourds et par une coopération militaire intense. Il a souligné que les autorités palestiniennes devaient rester engagées dans la lutte contre le terrorisme et cesser de légitimer des attaques commises contre des civils israéliens.

Six principes pour un futur accord

Il a enfin rappelé six principes qui forment selon lui le socle d’un accord futur : des frontières qui suivent celle qui prévalait avant la guerre des Six Jours; la coexistence de deux États souverains, Israël et la Palestine; un règlement généreux mais contraint du sort des réfugiés palestiniens; un statut pour Jérusalem qui satisfasse les trois monothéismes et qui permette aux deux futurs États d’y avoir leur capitale; des garanties fermes de sécurité pour Israël; une paix globale qui implique tous les pays de la région – particulièrement les pays arabes.

Une plaie qui suinte inexorablement

Dans ce long et important discours, dont j’ai retenu quelques extraits, John Kerry ne s’est pas montré très innovant. Il a comme ré-exhumé des considérations largement partagées durant les années 1990, après les accords d’Oslo qui avaient entériné la reconnaissance mutuelle d’Israël et de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Son plaidoyer souligne combien le temps passe inexorablement pour les Palestiniens et comment d’autres enjeux – la guerre en Irak, la guerre civile en Syrie, le terrorisme de Daech – ont rejeté en arrière plan le conflit israélo-palestinien. Cette plaie, néanmoins, suinte inexorablement. Il est extrêmement rare qu’un très haut responsable américain s’exprime à ce sujet avec une telle franchise.

« La solution à deux États est la seule qui permet la paix »

« Aujourd’hui, je veux partager avec vous des réflexions franches au sujet du conflit israélo-palestinien », commence le secrétaire d’État américain devant une audience constituée de diplomates, de journalistes, d’élus et d’experts. « La solution à deux États est la seule qui permet d’atteindre une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens. C’est la seule qui assure qu’Israël sera à l’avenir un État juif et démocratique, vivant en paix et en sécurité avec ses voisins. C’est la seule qui assure la liberté et la dignité au peuple palestinien. Et c’est une solution qui fera avancer les intérêts des États-Unis dans la région. Je voudrais expliquer pourquoi cet avenir est aujourd’hui en danger (…) et dire ma conviction qu’il y a toujours un chemin pour ceux qui désirent agir de façon responsable. L’alternative, qui est en de train de devenir rapidement devenir la réalité sur le terrain, n’est dans l’intérêt de personne ».

« Des amis doivent se dire la vérité »

« Je dois d’abord souligner que ma mission, avant tout, est de défendre les intérêts des États-Unis d’Amérique. De façon regrettable, certains semblent croire que l’amitié des États-Unis signifie que nous devrions accepter leur politique, sans considération pour nos propres intérêts, pour nos propres principes. Or des amis doivent se dire la vérité et l’amitié nécessite le respect mutuel. Nous ne pouvons défendre et protéger Israël correctement en laissant une solution à deux États se détruire sous nos yeux. En définitive, lors du récent vote aux Nations-Unies, il s’agissait de préserver la solution à deux États ».

« L’administration Obama a été le plus grand soutien d’Israël »

« Dans les faits, l’administration Obama a été le plus grand ami et soutien d’Israël, avec un engagement sans faille pour promouvoir sa sécurité et protéger sa légitimité. Le premier ministre israélien lui-même a qualifié notre coopération militaire et de renseignement de ‘sans précédent’. Pourtant, malgré nos meilleurs efforts, la solution à deux États est actuellement sérieusement menacée. Les évolutions sur le terrain – violence, terrorisme, extension des colonies, occupation apparemment sans fin – se combinent pour détruire les espoirs de paix des deux côtés et cimentent la réalité d’un scénario à un État dont la plupart des gens ne veulent absolument pas ».

« Si le choix est un État, Israël ne pourra être à la fois Juif et démocratique »

« Aujourd’hui, il y a un nombre identique de Juifs et de Palestiniens qui vivent entre le Jourdain et la mer Méditerranée. Ils ont le choix : vivre dans un seul État ou se séparer en deux États. Mais il y a un constat fondamental : si le choix est un État, Israël pourra être soit Juif, soit démocratique – il ne pourra pas être les deux; il ne sera jamais vraiment en paix; et les Palestiniens ne pourront pas exprimer pleinement leur vaste potentiel dans une patrie qui soit vraiment la leur ».

« Des deux côtés, les gens préfèrent la solution à deux États »

« Des deux côtés, les gens comprennent ce choix fondamental et les sondages d’opinion montrent que les Israéliens et les Palestiniens soutiennent fortement la solution à deux États. Or il est frappant de constater que cette décision cruciale – un État ou deux – est prise chaque jour sur le terrain malgré l’opinion de la majorité de la population. Le statu quo conduit à la solution à un État et à une occupation perpétuelle, mais la plupart des gens l’ignorent ou ont abandonné l’espoir de changer le cours des choses ».

« La politique de Netanyahu conduit à un seul État »

« Le premier ministre israélien soutient officiellement la solution à deux États. Mais sa coalition gouvernementale est la plus à droite de toute l’histoire d’Israël et son agenda est fixé par les plus extrémistes. Résultat, sa politique, décrite par le premier ministre lui-même comme la ‘plus engagée en faveur des colonies de toute l’histoire d’Israël’ va dans le sens opposé. Elle conduit à un seul État ».

« 100 000 nouveaux colons depuis la première élection de Barack Obama »

« Les faits parlent d’eux-mêmes. Le nombre de colons dans les quelques 130 colonies israéliennes situées à l’est des lignes de 1967 augmente sans discontinuer. La population des colonies en Cisjordanie – Jérusalem-Est mis à part – s’est accru de 270 000 habitants depuis les accords d’Oslo (en 1993), et notamment de 100 000 habitants depuis 2009, quand le premier mandat de Barack Obama a commencé. Près de 90 000 de ces colons vivent à l’est de la barrière de séparation érigée par Israël, dans ce qui devrait être un jour le futur État palestinien. Dans ces colonies éloignées, la population a augmenté de 20 000 depuis 2009 ».

« L’expansion des colonies n’a rien à voir avec la sécurité d’Israël »

« Soyons clair : l’expansion des colonies n’a rien à voir avec la sécurité d’Israël. La plupart accroit la charge de l’armée israélienne. Leurs leaders sont motivés par des impératifs idéologiques. Preuve en est la prolifération des avant postes illégaux selon la loi israélienne. Ils sont souvent situés sur des propriétés privées palestiniennes et placés dans des lieux stratégiques qui rendent la solution à deux États impossible. Il y en a plus d’une centaine. Et depuis 2011, environ un tiers ont été légalisés, en dépit des promesses du gouvernement de les démanteler ».

« Un projet de loi qui serait un pas majeur vers l’annexion »

« En outre, les leaders des colons promeuvent une nouvelle loi qui légaliserait la plupart de ces avants-postes. Elle les placerait pour la première fois sous le régime de la loi intérieure israélienne et non plus sous celui de la loi militaire, ce qui représenterait un pas majeur vers l’annexion. Le procureur général d’Israël lui-même a affirmé que ce projet de loi est inconstitutionnel et viole la loi internationale ».

« Le but des colons est clair : c’est le grand Israël »

« Au-delà même de la question des colonies, les évolutions montrent un effort global du gouvernement pour accaparer le territoire de la Cisjordanie en faveur d’Israël et y empêcher tout développement palestinien. C’est bel et bien l’ordre du jour des colons qui définit l’avenir d’Israël. Et leur but est clair. Ils croient en un État : le grand Israël. Un ministre important, qui dirige un parti pro-colonisation, l’a affirmé juste après l’élection américaine – je le cite – : ‘l’ère de la solution à deux États s’est achevée’. Beaucoup d’autres ministres rejettent publiquement l’idée d’un État palestinien. Et ils parviennent à leurs fins, avec des projets de nouvelles unités de peuplement à Jérusalem-Est annoncés récemment et des discussions sur un nouveau programme massif de colonisation de la Cisjordanie ».

« Que se passera-t-il si cet agenda s’impose? »

« En quoi sommes-nous concernés? Eh bien, posez-vous ces questions : que se passera-t-il si cet agenda s’impose? Vers quoi cela nous mène-t-il? Il y a environ 2,75 millions de Palestiniens qui vivent sous occupation militaire en Cisjordanie, la plupart en zone A et B – 40% de la Cisjordanie – où ils ont une autonomie limitée. Ils sont restreints dans leurs mouvements quotidiens par un réseau de points de contrôle et ne peuvent pas voyager à l’intérieur ou à l’extérieur de la Cisjordanie sans un permis octroyé par les Israéliens ».

« Des millions de Palestiniens dans des enclaves séparées »

« S’il n’y a qu’un seul État, vous avez des millions de Palestiniens qui vivront de façon permanente dans des enclaves séparées (« segregated ») au milieu de la Cisjordanie, sans droits politiques, sans système éducatif, juridique, ou de transport autonome, avec de vastes disparités de revenus, et sous un régime d’occupation militaire qui les prive des libertés les plus fondamentales. Séparé et inégal, c’est ce que vous avez. Mais personne n’est en mesure de vous expliquer comment cela fonctionnera. Est-ce qu’un Israélien accepterait de vivre de cette façon? Est-ce qu’un Américain accepterait de vivre de cette façon? Est-ce que le monde l’accepterait? »

« Si Israël continue sur ce chemin, il n’aura jamais la paix »

« Comment est-ce qu’Israël répondrait à une revendication grandissante des Palestiniens en faveur de leurs droits civiques, exigeant le droit de vote, ou à des manifestations et des troubles à travers tout le territoire? Comment Israël pourrait-il concilier une occupation permanente avec ses idéaux démocratiques? Comment les États-Unis pourront-ils continuer à défendre cela et vivre en accord avec leurs propres idéaux démocratiques ? Avec toutes les menaces extérieures qu’affrontent Israël, ce pays veut-il vraiment une intensification du conflit en Cisjordanie? Est-ce que cela renforcerait la sécurité d’Israël? La réponse est non. Si Israël continue sur ce chemin d’un seul État, il n’obtiendra jamais une vraie paix avec le reste du monde arabe, alors même que des intérêts communs pour contrer les activités déstabilisantes de l’Iran, pour combattre les extrémistes et pour diversifier les économies créent de réelles opportunités de tirer avantage de la paix ».

« Notre génération abandonnera-t-elle le rêve d’un État juif démocratique? »

« Cela conduit à l’ultime question : est-ce que notre génération sera celle qui abandonnera le rêve d’un État juif démocratique, celui d’Israël vivant en paix et en sécurité avec ses voisins ? C’est bien de cela qu’il s’agit. Et c’est bien le sens de notre vote au conseil de sécurité la semaine dernière : la nécessité de préserver la solution à deux États, que les deux parties au conflit doivent reprendre à leur compte ».

« Il nous est impossible de protéger les plus extrémistes des colons »

« Lors de centaines de conversations avec le premier ministre Netanyahu, je lui ai dit clairement que la poursuite de la colonisation ne ferait qu’augmenter la pression pour une réponse internationale. Au final, il nous était impossible, en conscience, de protéger les éléments les plus extrémistes du mouvement des colons alors qu’ils essaient de détruire la solution à deux États. De même que nous ne pouvons accepter les actions des Palestiniens qui attise la haine et la violence. Ce n’est pas dans l’intérêt des États-Unis d’aider qui que ce soit à créer un État unitaire. Peut-être que nous ne pourrons pas l’arrêter, mais que l’on n’attende pas de nous que nous le défendions ».

« Toutes les administrations américaines se sont opposées aux colonies »

« Toutes les administrations qui se sont succédé, qu’elles soient républicaines ou démocrates, se sont opposées aux colonies, considérées comme contraires à des perspectives de paix. Ne serait-ce qu’au temps de George W. Bush, le conseil de sécurité de l’ONU a adopté six résolutions auxquelles Israël s’était opposé, y compris une qui appelait à un gel total des colonies. Jusque là, nous avions été la seule administration depuis 1967 qui avait bloqué toute résolution à laquelle s’opposait Israël. Donc nous rejetons les critiques disant que notre vote abandonne Israël. Ce n’est pas cette résolution qui isole Israël, c’est la politique permanente de colonisation qui risque de rendre la paix impossible. En 1978, le Conseiller légal du Secrétariat d’État a prévenu le Congrès que le programme du gouvernement israélien d’établir des colonies civiles dans les territoires occupés était en contradiction avec la loi internationale, et nous ne voyons aucun changement depuis qui pourrait affecter cette conclusion fondamentale ».

« Rien de nouveau dans la résolution 2334 »

« Idem pour le fait de désigner Jérusalem-Est comme un territoire occupé. Il n’y a absolument rien de nouveau dans la résolution de la semaine dernière. En fait, nous n’approuvons pas chaque mot de cette résolution. Mais ne nous pouvions pas, en conscience, exercer notre droit de veto sur une résolution qui condamnait la violence et l’incitation à la violence et qui réitérait ce qui relève depuis longtemps d’un consensus international massif. Le vote porte sur des actions des Israéliens et des Palestiniens qui rendent impossible, de façon croissante, la solution à deux États. Il ne s’agissait pas de faire la paix sur le champ. Mais de s’assurer qu’elle reste possible à l’avenir ».

« Nous avons échoué parce que le niveau de confiance était trop bas »

« Alors, comment y arriverons-nous à cette paix? En définitive, si nous sommes sérieux sur la solution à deux États, il est temps de commencer à l’appliquer maintenant. De nombreuses mesures peuvent être prises qui construisent la confiance mutuelle et qui créent les fondations pour des négociations. Sachant que nous assumons tous le fait qu’un accord final ne peut être atteint que par des négociations directes entre les parties. Nous l’avons dit, encore et encore : nous ne pouvons pas imposer la paix. Au final, je crois que les nombreuses négociations dans le passé n’ont pas échoué parce que le fossé était trop grand, mais parce que le niveau de confiance était trop bas. Les deux parties redoutaient que des concessions ne soient pas payées de retour et auraient un coût politique trop élevée. Le profond scepticisme de l’opinion rendait les choses encore plus difficile. »

Six principes de base

« Je crois qu’il y a un large consensus sur le fait qu’un accord sur le statut final nécessiterait les principes suivants :

« Principe numéro un : Garantir des frontières sûres et internationalement reconnues entre Israël et une Palestine au territoire viable, négociées sur la base des lignes de 1967 avec des échanges mutuellement consentis. La résolution 242 reste la base pour un accord. Aucun changement par Israël des lignes de 1967 ne sera jamais reconnu par la communauté internationale sans avoir été agréé préalablement par les deux côtés ».

« Principe numéro deux : Concrétiser la vision exprimée par la résolution 181 de l’Assemblée générale de l’ONU, de deux États pour deux peuples, l’un Juif et l’autre Arabe, avec une reconnaissance mutuelle et des droits pleins et égaux pour leurs citoyens respectifs. C’est le principe fondamental de la solution à deux États. La reconnaissance d’Israël comme État juif peut être acceptée par de très nombreux États, à condition qu’un État palestinien soit garanti ».

« Principe numéro trois : S’accorder sur une solution juste et réaliste du problème des réfugiés palestiniens avec une aide internationale qui intègre des compensations. La solution ne devra pas affecter le caractère fondamental d’Israël ».

« Principe numéro quatre : Garantir un accord sur Jérusalem, comme capitale des deux États, et qui protège et assure la liberté d’accès aux Lieux saints, en cohérence avec le statu quo établi. C’est le sujet le plus sensible et la solution devra répondre aux besoins des deux parties mais aussi des trois monothéismes »

« Principe numéro cinq : Satisfaire les besoins de sécurité d’Israël et arrêter, au bout du compte, l’occupation. La sécurité est un sujet critique pour Israël. Ces deux objectifs comptent parmi ceux pour lesquels les États-Unis peuvent apporter le plus d’assistance ».

« Principe numéro six : Mettre un terme au conflit et à toutes les revendications en cours, normaliser les relations dans la région et accroitre la sécurité régionale comme envisagée dans l’Initiative de paix arabe, proposée il y a 15 ans par le roi Abdallah d’Arabie saoudite ».

« Commencer dès à présent par des petits pas réalistes sur le terrain »

« Forts de ces principes, il est vital de travailler pour garder ouverte la possibilité de la paix, de ne pas perdre espoir dans la solution à deux États, quelles que soient les difficultés, parce qu’il n’y a pas d’alternative viable. Voici le chemin que les parties doivent prendre : des petits pas réalistes sur le terrain dès à présent, qui commenceront le processus de séparation en deux États; un horizon politique qui permet de créer les conditions de discussions sérieuses sur le statut final; et une base de négociations que les parties accepteraient pour démontrer leur sérieux pour la paix. Nous ne pouvons que les encourager à prendre ce chemin ».

« L’enjeu est trop grand pour que nous cédions au pessimisme »

« Le président Obama et moi-même savons que l’administration américaine qui va bientôt s’installer a signalé qu’elle pourrait s’engager sur un chemin différent et a même suggéré qu’elle pourrait s’affranchir de la position durable de la diplomatie américaine sur les colonies, sur Jérusalem et sur la possibilité d’une solution à deux États. C’est à elle de décider. C’est ainsi que notre démocratie fonctionne. Mais nous ne pouvons pas ne rien dire quand nous voyons les espoirs de paix s’estomper. C’est le moment de se lever pour ce que nous croyons juste. Nous ne devons pas avoir peur. L’enjeu est trop grand pour que nous cédions au pessimisme, surtout dès lors que la paix est possible. Espérons que nous sommes tous prêts, et particulièrement les Israéliens et les Palestiniens, pour faire les choix maintenant ».

Discours intégral de John Kerry (vidéo) prononcé le 28 décembre
au siège du Secrétariat d’État à Washington


Pour aller plus loin


⇒ Le plan Kerry pour le Proche-Orient

⇒ Le texte de la résolution 2334 sur le conflit israélo-palestinien adopté par le conseil de sécurité de l’ONU le 23 décembre 2016

⇒ La question de Palestine, dossier historique sur le site de l’ONU

⇒ L’ONU demande à Israël de stopper sa politique de colonisation


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