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Six ans après le début du conflit, l’ONU rappelle que la paix en Syrie est un « impératif qui ne peut pas attendre »

Article publié sur le site de l’ONU le 15/03/2017

Alors que la guerre en Syrie entre dans sa septième année, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a lancé deux appels urgents à toutes les parties au conflit.

« Tout d’abord, tirer le meilleur parti du cessez-le-feu du 30 décembre 2016 établi par les garants des réunions d’Astana, l’améliorer davantage et veiller à ce que l’aide humanitaire puisse atteindre tous ceux qui sont dans le besoin en Syrie sans obstacles et entraves » a dit le chef de l’ONU dans une déclaration.

« Deuxièmement, tous ceux qui ont une influence sur les parties au conflit doivent s’efforcer de surmonter leurs différences et de travailler ensemble pour mettre fin au conflit », a ajouté le Secrétaire général. « C’est-à-dire contribuer à la réussite des négociations inter-syriennes à Genève sur la base du communiqué de Genève et les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, y compris la résolution 2254 (2015) », a-t-il précisé.

M. Guterres a rappelé que depuis six ans, le peuple syrien est victime de l’un des pires conflits de notre époque. « La paix en Syrie est un impératif moral et politique à la fois pour le peuple syrien et pour le monde – un impératif qui ne peut pas attendre », a-t-il conclu.

13,5 millions de personnes en Syrie ont un besoin urgent d’aide humanitaire

Pour le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence, Stephen O’Brien, les pertes subies par les civils depuis le début du conflit en mars 2011est inexcusable.

« Des centaines de milliers de personnes ont été tuées. Près de cinq millions de personnes – la plupart des femmes et des enfants – ont fui la violence grotesque et la privation et vivent maintenant comme des réfugiés » a rappelé dans une déclaration M. O’Brien, soulignant que beaucoup de ceux qui ont entrepris des voyages périlleux pour échapper à la guerre ont péri sur le chemin.

Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), 13,5 millions de personnes en Syrie ont un besoin urgent d’aide humanitaire et parmi elles plus de six millions sont déplacées à l’intérieur du pays. Des familles et des communautés entières ont du mal à répondre à leurs besoins alimentaires les plus élémentaires.

Alors que les pénuries alimentaires s’aggravent, les bombes et obus d’artillerie continuent de faucher des vies, a déploré le Secrétaire général adjoint, soulignant qu’une génération d’enfants en Syrie n’a connu que la peur et des conflits violents pendant leurs courtes vies.

« Nous savons que le conflit ne finira jamais sans un véritable engagement politique en faveur de la paix. Pourtant, même si un accord politique devait aboutir demain, des millions de Syriens auront encore besoin d’une aide humanitaire critique pendant des mois et des années à venir », a déclaré M. O’Brien.

Le Coordonnateur des secours d’urgence s’est joint au peuple syrien pour espérer que 2017 sera l’année de la fin du carnage, du retour du sens de l’humanité, du libre accès de l’aide humanitaire, de la reconstruction, du repeuplement et de la résilience.

Plus de deux tiers des attaques sur les établissements de soins de santé dans le monde ont eu lieu en Syrie

L’Organisation mondiale pour la santé (OMS) a pour sa part souligné dans un communiqué que l’accès aux services de santé pour la population civile syrienne s’est gravement détérioré au cours des six dernières années.

Selon l’organisation basée à Genève, plus de la moitié des hôpitaux publics et des centres de santé primaires du pays ont fermé ou ne fonctionnent que partiellement, près des deux tiers des travailleurs de la santé ont fui et beaucoup d’établissements de santé qui sont ouverts ne disposent pas d’eau potable, d’électricité et de fournitures médicales et chirurgicales suffisantes.

L’accès aux services de santé toujours en activité est devenu un défi pour la plupart des personnes en Syrie, peu importe où elles vivent. En dépit du cessez-le-feu actuel, l’OMS et ses partenaires n’ont pas encore pu accéder régulièrement aux communautés dans les zones difficiles d’accès. En outre, les dernières données indiquent qu’en 2016, plus de deux tiers des attaques sur les établissements de soins de santé dans le monde ont eu lieu en Syrie.

« Les besoins considérables en matière de santé en Syrie continuent d’être insatisfaits et les ressources nécessaires pour soutenir la main-d’œuvre sanitaire et le système de santé sont réduites à la limite », a déclaré le Docteur Peter Salama, Directeur exécutif du Programme des urgences sanitaires de l’OMS. De nombreux obstacles à l’accès demeurent, y compris les menaces à la sécurité pour les travailleurs de la santé et la disponibilité des médicaments, des fournitures et du matériel.

« En ce triste anniversaire du début de la guerre en Syrie et avant que d’autres vies soient perdues, l’OMS appelle à un accès systématique et sans entraves à toutes les régions pour livrer des médicaments, des vaccins et des fournitures médicales qui sauvent des vies », a déclaré le Docteur Salama.

En dépit des obstacles, l’OMS a continué de soutenir les services de santé avec des médicaments et des fournitures, par la formation du personnel sanitaire resté sur place, par l’intermédiaire d’équipes médicales et de cliniques mobiles et par le biais de programmes transfrontaliers et à travers les lignes de combats.


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