Etudes Argent & associations de solidarités internationales : les faits marquants - Diplomatie Humanitaire
Mardi 14 Août 2018
 

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Etudes Argent & associations de solidarités internationales : les faits marquants

Une étude réalisée et mise en ligne sur le site de Coordination Sud le 12/03/2018

En 2016, le secteur des associations françaises de solidarité internationale a pesé a minima 1,7 milliard d’euros, contre 1,2 milliard en 2012. Un secteur qui connaît donc une forte croissance (+38 %). Ces chiffres et bien d’autres proviennent de l’Etude Argent ASI 2012-2016. ASI késako ? Tout simplement Associations de Solidarité Internationale. Et Coordination SUD a étudié les réponse de plus d’une centaine d’entre elles pour observer les tendances. Si vous voulez tout savoir sur les ressources financières et les dépenses des ASI, alors bonne lecture !

L’étude Argent & Associations de solidarité internationale 2012-2016 a été menée par Coordination SUD, en collaboration avec le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE) et l’Agence française de développement (AFD). Son objet vise à mesurer le poids du secteur au travers de l’analyse de l’évolution des ressources et des dépenses des associations de solidarité internationale (ASI) françaises. Cette nouvelle édition porte sur un panel de 133 ASI répondantes.

Des ressources en forte croissance

En 2016, le secteur des associations françaises de solidarité internationale pèse a minima 1,7 milliard d’euros, contre 1,2 milliard en 2012. Le secteur connaît ainsi une forte croissance (+38 %), marquée tout particulièrement par un pic en 2015 de ses ressources financières, +16 % par rapport à 2014. L’accumulation des différentes crises (guerre civile en Syrie et son impact dans la région, début de la guerre au Yémen, l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, le tremblement de terre au Népal) semble expliquer la croissance des activités et donc des ressources cette année-là.

Les ASI françaises témoignent d’une vitalité certaine, confirmée par l’accroissement de 22 % de leurs fonds associatifs sur la période. Elles exercent des missions plurielles bien que se déclarant principalement actrices du développement et se regroupent de manière homogène dans une diversité de taille.

Si les ressources privées financent toujours majoritairement le secteur et continuent de croître (+20 %), les financements publics en passant de 493 à 807 millions d’euros, (+64 %) ont fortement contribué à le faire grandir. Ce malgré la baisse de 13 % des fonds en provenance des entreprises et fondations. Si les volumes restent modestes, ce constat marque un tournant par rapport à l’étude précédente où les entreprises avaient doublé leur financement auprès des ASI entre 2009 et 2011.

La croissance du secteur est également soutenue par les financements internationaux, publics comme privés. Leur volume augmente de 61 % sur la période, lorsque les fonds nationaux s’élèvent à 21 %. Ainsi les ressources sont majoritairement publiques à l’échelle internationale et majoritairement privées à l’échelle française.

Dès lors, l’ensemble de ces évolutions génère des rééquilibrages dans le budget des ASI françaises :

  • désormais, ressources publiques et privées abondent à part quasiment égale le budget des ASI et l’écart public-privé amorcé depuis plus d’une décennie continue de se réduire ;
  • les ressources internationales (publiques et privées) s’élèvent à présent à 49 % (contre 42 % en 2012) dans les modèles de financement des ASI, rattrapant la part des ressources nationales.

Dans cette configuration les grandes et très grandes ASI, agissant principalement dans le champ d’urgence et de la réhabilitation, bénéficient pleinement de cette croissance. Elles prennent de plus en plus d’ampleur au cours de la période avec des ressources annuelles dépassant les 50 millions d’euros.

Une corrélation certaine existe alors selon la taille des ASI ou leur mission et l’origine des financements captés. Si les très petites, petites et moyennes associations sont principalement soutenues par des bailleurs français, les grandes et très grandes mobilisent essentiellement les bailleurs internationaux. Dans un registre différent, les associations de défense des droits humains privilégient majoritairement les financements issus de la générosité du public au regard de leur mission et des enjeux associés. Au demeurant dans leur ensemble, les ASI françaises recourent à des stratégies de diversification de leurs ressources afin de maîtriser les risques de dépendance à une source de financement unique.

Accompagnant la hausse de son activité, le secteur accroît ses dépenses sur la période, dans une proportion égale. Celles-ci s’élèvent en 2016 à 1,7 milliard d’euros tandis que la part dédiée aux missions sociales demeure stable, (83 % en 2012 et 85 % en 2016). L’ensemble des ressources financières permet ainsi de développer l’activité des ASI en France et à l’étranger ou de couvrir les frais de fonctionnement et de recherche de fonds.

Les ASI du panel interviennent principalement dans les zones prioritaires de la politique française d’aide publique au développement. L’Afrique subsaharienne et l’Océan indien en sont les principaux bénéficiaires (44 % des dépenses ventilées géographiquement) avec une croissance des montants affectés de 32 %.

Pour autant, la période se caractérise par une hausse spectaculaire des dépenses en faveur du Proche et du Moyen-Orient (22 % des dépenses en 2016 contre 8 % en 2012). Cette région devient, alors en 2014, la deuxième zone d’intervention avec une somme totale sur la période 2012-2016 d’un milliard d’euros lui étant consacrée (2,5 milliards à la zone Afrique subsaharienne et l’Océan indien).

Enfin en 2016, le secteur des associations françaises de solidarité internationale mobilise 51 240 personnes en équivalent temps plein (salariés et bénévoles). Les ressources humaines (salarié.e.s, volontaires, bénévoles et autres, en France et à l’étranger) s’accroissent également fortement (+17 % pour les 133 ASI du panel). Secteur hautement salarié à 71 %, son dynamisme repose principalement, et à 59 %, sur les salarié.e.s locaux, tandis que les bénévoles constituent le second pilier de cette richesse humaine (26 %).


Télécharger l’étude complète


 


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