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La Conférence de Munich s’inquiète de la relation transatlantique

Article paru sur le site du journal La Croix le 17/02/2017

La Conférence sur la sécurité était réunie dans la capitale bavaroise. La délégation américaine comprenais le vice-président Mike Pence et les secrétaires à la défense et à la sécurité intérieure, James Mattis et John Kelly.

En pleine incertitude sur l’avenir de la relation transatlantique, bousculée par l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, la 53e édition de la Conférence de Munich sur la sécurité réunit du vendredi 17 février au dimanche 19 février, plus de 500 personnalités, chefs d’États ou de gouvernements, ministres, diplomates, militaires et experts.

Particulièrement attendue, la délégation américaine comprendra le vice-président Mike Pence, les secrétaires à la défense et à la sécurité intérieure James Mattis et John Kelly, de même qu’une bonne douzaine d’élus du Congrès dont les sénateurs John McCain et Sheldon Whitehouse.

Un Davos de la sécurité internationale

À l’ordre du jour de ce Davos de la sécurité internationale, tous les sujets chauds du moment : outre les relations États-Unis-Europe, la crise en Ukraine et les relations avec la Russie, la guerre en Syrie, la situation sécuritaire en Asie -Pacifique, y compris dans la péninsule coréenne, et l’avenir de l’accord sur le nucléaire iranien.

Les participants discuteront également du terrorisme, de la guerre de l’information ainsi que des menaces liées à la santé ou au climat.

« Nous sommes confrontés à un environnement de sécurité international qui est sans doute plus volatile qu’à aucun moment depuis la Seconde Guerre mondiale », souligne le président de la Conférence Wolfgang Ischinger.

« L’ordre libéral que beaucoup d’entre nous ont pris pour acquis est de plus en plus menacé de l’intérieur et de l’extérieur. C’est pourquoi il est important de trouver des moyens de défendre et de renforcer les valeurs fondamentales de l’Occident et les institutions d’un système international fondé sur des règles. »

Diplomate chevronné, Wolfgang Ischinger aimerait voir les Européens défendre leurs valeurs et leurs intérêts dans leurs premiers contacts avec la nouvelle administration américaine, « sans attendre dans la peur le prochain tweet de Trump ».

Angela Merkel fera figure de porte-parole en chef

« Le pire scénario pour l’Europe serait une administration américaine poursuivant une politique aboutissant à la désintégration de l’Europe, par exemple à travers un soutien aux populistes d’extrême droite », affirme cet ancien ambassadeur allemand à Washington. « De même, il faut s’assurer que tout accord entre les États-Unis et la Russie ne se fasse pas aux dépens de l’Europe, et signifier que l’Europe ne soutiendra de nouvelles sanctions contre Téhéran si les États-Unis rompent unilatéralement l’accord sur le nucléaire iranien, et s’opposer à l’introduction de taxes sur les importations. »

Les Européens seront-ils capables de produire un discours unitaire face à l’imprévisibilité de Donald Trump ? La Conférence de Munich fournira un début de réponse.

La chancelière allemande Angela Merkel fera figure de porte-parole en chef, même si d’autres ténors européens sont également annoncés, comme la chef de la diplomatie européenne Frederica Mogherini et les ministres des affaires étrangères allemand, français et britannique.

Grand habitué des lieux, le ministre russe des affaires étrangères Sergei Lavrov fera le déplacement, de même que son homologue chinois Wang Yi. Et le président allemand sortant, Joachim Gauck, recevra, samedi 18 février, le prix Ewald von Kleist, décerné chaque année par la Conférence.


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