Vendredi 25 Mai 2018
 

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Au Cameroun, l’Église catholique est appelée à jouer un rôle de médiation

Article paru sur le site du journal La Croix le 26/04/2018

Face aux risques de guerre civile entre le gouvernement du Cameroun et les populations anglophones, le centre d’analyses géopolitiques International Crisis Group juge que l’Église est « quasiment le seul acteur » en mesure d’intervenir.

« Étant donné l’opposition de Yaoundé à toute médiation internationale », l’Église catholique devrait jouer un rôle de médiateur dans la crise qui touche les régions anglophones du Cameroun, selon le rapport paru jeudi 26 avril du centre d’analyses géopolitiques International Crisis Group.« L’Église catholique est quasiment le seul acteur en mesure d’intervenir et de promouvoir le dialogue entre le gouvernement et les régions anglophones », écrit l’ICG dans ce document intitulé « La crise anglophone au Cameroun : comment l’Église catholique peut pousser au dialogue ».

Depuis trois mois, dans les deux régions anglophones du Cameroun (Nord-Ouest et Sud-Ouest), qui représentent 20 % de la population du pays, les groupes séparatistes armés multiplient les actions violentes contre des symboles de l’État : attaques de gendarmerie, enlèvements de fonctionnaires et accrochages avec l’armée.

« Positions divergentes » au sein de l’Église

Depuis fin 2017, les séparatistes anglophones ont tué 31 membres des forces de sécurité, selon une compilation de l’AFP établie sur la base des déclarations officielles. D’autres observateurs à Yaoundé évoquent un bilan plus élevé tandis que l’ICG parle de 43 membres des forces de sécurité tués au cours des sept derniers mois.

« Le risque que la crise anglophone au Cameroun se transforme en guerre civile s’accroît considérablement », ajoute le rapport. Le parti d’opposition Social democratic front (SDF) a estimé samedi 21 avril que cette grave crise socio-économique a « dégénéré en guerre civile ouverte ».

« Surmonter ses divisions »

Face au risque de « guerre civile », l’ICG invite aussi l’Église à « surmonter ses divisions et afficher sa neutralité ». Il déplore en effet les « positions divergentes » de celle-ci sur cette question.

En effet, en octobre dernier, les évêques anglophones estimaient que la Conférence épiscopale, majoritairement francophone, qui dénonce la violence tout en appelant à garder l’unité du pays, ne saisit pas « pleinement les enjeux de la crise en cours » et ne prend pas en compte l’inquiétude de la population anglophone.


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