Samedi 20 Janvier 2018
 

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Face à l’expansion de Daesh en Libye et aux risques de déstabilisation du Sahel la réponse ne peut être uniquement militaire

Nous sommes confrontés au risque d’implosion d’une zone où vivent actuellement environ 100 millions d’habitants, qui seront 150 millions dans dix ans.

En janvier 2013, le Mali, un pays de 18 millions d’habitants, considéré comme une démocratie modèle, qui affichait depuis dix ans plus de 7 % de croissance économique, s’effondre face à quelques centaines de djihadistes. Une intervention urgente de l’armée française évite la prise de Bamako, le kidnapping non plus de 3 ou 4 touristes mais de plus de 6000 de nos compatriotes, et l’instauration d’un califat analogue à celui qui s’est établi en Syrie et en Irak. Cet épisode constitue t- il simplement une nouvelle forme des éternels rezzou touaregs ? Ou révèle t- il au contraire une situation infiniment plus inquiétante ?

Les enjeux géopolitiques au Sahel deviennent ainsi considérables au plan régional et aussi pour la France. Nous sommes confrontés au risque d’implosion d’une zone où vivent actuellement environ 100 millions d’habitants, qui seront 150 millions dans dix ans. Une implosion de cette région francophone quatre fois plus peuplée que la Syrie ne serait pas sans conséquences sur les rythmes de migration vers notre pays.

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La seule option à court terme est pour cela de lancer d’ambitieux programmes de développement rural fondés sur des actions de réhabilitation foncière, d’investissements massifs en routes rurales, petite irrigation, électrification, intensification agricole, appui au pastoralisme, etc. A ces actions doivent s’ajouter des programmes permettant de maîtriser la fécondité qui est de l’ordre de 7,5 enfants par femme au Sahel pour la ramener progressivement aux taux du Maghreb qui sont inférieurs à 2,5.

Une seconde priorité serait de consolider au plus vite, voire de reconstruire, les appareils régaliens des pays sahéliens : armée, gendarmerie, police de proximité, justice, administration territoriale, etc. Car seuls des appareils régaliens locaux remis à niveau sont susceptibles de stabiliser ces pays. Le recours pour ce faire à des forces militaires étrangères ne peut en effet conduire qu’à l’impasse où se sont retrouvées les forces occidentales en Afghanistan, où de « sauveurs », elles ont vite été perçues comme des occupants.

Il faut pour cela des ressources, que l’on ne peut guère espérer trouver que dans les budgets de notre aide au développement. Malheureusement, la France a progressivement transféré l’essentiel de ses ressources d’aide aux institutions européennes et internationales. La France doit impérativement reprendre le contrôle d’une partie des considérables ressources qu’elle verse aux institutions d’aide internationales.

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